Bien être au travail – le management de coeur

Bien être au travail – le management de coeur

J’ai animé, il y a quelques mois, une conférence sur la Génération Y. Mon intention était de mettre du lien entre deux générations qui ont du mal à communiquer. L’une se sentant incomprise et l’autre était en décalage complet avec les valeurs de la nouvelle génération. J’ai donc basé ma présentation sur des études générationnelles, montrant les différences entre l’ère industrielle et l’ère du numérique, entre la recherche de l’enrichissement personnel et la recherche de reconnaissance. Expliquant à l’assemblée présente que nous étions sur une pyramide inversée des besoins de Masslow, et que s’ils voulaient obtenir beaucoup des nouvelles générations il était indispensable de leur témoigner de la reconnaissance. Mon beau discours s’est retrouvé confronté à la productivité, au besoin de rentabilité, au besoin de développer le business, à l’incompatibilité entre reconnaissance et réussite. Je me suis confronté à des égos sur-dimensionnés « moi dans ma jeunesse on avait pas le choix il fallait obéir aux ordres…. ». Pour mon assistance, donner de la reconnaissance, féliciter plutôt que de brimer, expliquer plutôt que d’imposer, prendre un temps pour s’intéresser à ses employés, à leur vie, à leur loisir, était incompatible avec réussite et développement du chiffre d’affaires.

Comment justifier son salaire si un cadre met dans un rapport le nom du stagiaire qui l’a aidé à l’écrire !

Alors, j’ai cherché des exemples de réussite dans le passé, dans le présent où l’humain était au cœur de la réussite. Notre histoire en est pleine, de l’homme d’Etat tel que Roosevelt qui mettait un point d’honneur à retenir le nom de tous, grands ou petits, aux nouveaux industriels locaux dont le bien-être de leur salarié est la clé de la réussite de leur entreprise, en passant par des aventuriers.

Prenons l’exemple de Shackleton. Ce capitaine extraordinaire, parti à la conquête du pôle sud, réussit à manager et à ramener la totalité de son équipage vivant malgré des conditions extrème. Cette expérience prouve que par le respect de ses hommes, l’écoute et surtout la reconnaissance de chacun on peut obenir beaucoup de ses hommes sans avoir besoin d’un management autoritaire.

Plus, récemment des entrepreneurs comme Carlos Verkaerne (Poult), ou encore Jean François Zorbrist, ont mis au centre de leur stratégie le respect et la confiance inconditionnelle dans leurs hommes pour sortir de graves crises pour l’un ou simplement pour diriger son entreprise pour l’autre. Dans ces expériences ce qui ressort c’est une capacité à féliciter sincèrement ses équipes, à les écouter et à les rendre actrices de la réussite de l’entreprise.

J’ai continué mes recherches un autre facteur de réussite est apparu: la capacité pour un manager fédérer ses équipes et à faire travailler les hommes ensemble. Robert Dilts explique que 1+1 peut faire 3 pour peu que l’on puisse donner du sens à ce que l’on fait.

Le manager de demain sera donc celui qui  saura :

  • Respecter ses collaborateurs
  • Savoir les faire travailler entre eux de façon constructive
  • Et donc avoir une vision précise de là où l’on veut aller et partager cette vision avec tous.

Il me semble que les grosses entreprises impersonnelles où personne ne retrouve ses valeurs vont lentement disparaître pour donner naissance à des entreprises de plus petite taille, dites collaboratives et pour naviguer dans ce nouveau monde économique il faut l’intelligence du cœur: être à l’écoute de l’autre (collaborateurs, clients, fournisseurs), se brancher sur ses besoins pour trouver des solutions équitables pour tous.

Nos managers de demain seront ceux qui sauront remettre l’homme au cœur de la considération économique:

Un consultant américain, Dov Seidman, résume parfaitement la révolution que  nous sommes en train de vivre  : « Nous sommes passés d’une économie industrielle – où on embauchait des bras – à une économie de la connaissance – où on embauchait des têtes – et maintenant une économie humaine – où on embauche des coeurs. »

En savoir plus http://www.lesechos.fr/idees-debats/quand-les-entreprises-embaucheront-des-coeurs-

Pour permettre aux talents qui constituent votre entreprise de s’exprimer pleinement il faut :

  • De la reconnaissance: féliciter avec sincérité
  • De la capacité à faire travailler vos équipes ensemble
  • Une écoute inconditionnelle ouverte
  • Etre intimement convaincu que la réussite est non l’affaire d’un seul homme, mais celle de tous
  • Savoir mettre son ego de coté et valoriser l’autre plus que soi-même

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